Les soi-disant "alphabets runiques" sont des signaires hiéroglyphiques utilisant des signes appelés runes, réemployés à époque tardive (2ème siècle de notre ère) pour noter quelques brêves formules en certaines langues germaniques, principalement dans les pays scandinaves et dans les îles Britanniques. Mais, sous tous leurs aspects, les runes constituent un ancien système de repérage spatio-temporel constituant une "roue de médecine" utilisée en Europe. La version scandinave des Runes est connue sous le nom de Futhark (dérivé des noms de ses 6 premiers signes: Fehu, Uruz, THurisaz, Ansuz, Raidho, et Kenaz), la version anglo-Saxone est connue sous le nom de Futhorc (également d’après les six premiers signes), il existe également une version hongroise appelée rovas.
D’autres écritures, comme les écritures ibériques, les écritures goturk d'Asie centrale, les anciennes écritures mongoles, partagent pratiquement toutes leurs formes avec les runes.
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Dans la mythologie nordique, l’invention des runes est attribuée à Odhin: Le Hávamál (dans les stances 138 et 139) raconte comment Odhin a reçu la connaissance des runes par son sacrifice – pendu par un pied à l’arbre du monde Yggdrasil pendant neuf jours et neuf nuits, jeûnant et percé au coté d’un coup de sa propre lance. En voici le texte en version française :
138 - Je sais que je demeurai suspendu à l’arbre
Neuf nuits durant
Blessé par une lance,
Livré à Odhinn,
Moi-même à moi-même livré,
Pendu à cet arbre dont nul ne sait
D’où proviennent les racines.
139 - On ne me donna point de pain,
Je scrutai en dessous
Je ramassai les runes,
En hurlant je les ramassai
Et puis retombai...

Les sources islandaises ne mentionnent pas la manière dont les runes furent transmises aux hommes, mais en 1555, L’archevêque suédois exilé Olaus Magnus transcrivit une tradition selon laquelle un homme appelé Kettil Runske avait volé trois bâtons runiques à Odhin avec lesquels il apprit leur usage et leur magie.
La magie du nord était une magie qui ne s’éloignait pas tellement du raisonnable, il n’y avait rien de spectaculaire dans cette magie, mais néanmoins, on a de nombreux indices de son utilisation dans quelques domaines principaux : pour renforcer la vie et guérir, pour lier, pour agir sur la météo et pour combattre les ennemis, y compris collectivement sur le champ de bataille. Là il y a quelque chose de tout à fait considérable, parce que ce n’est pas seulement à un niveau personnel, mais à un niveau collectif que cette magie était employée, ce qui est pour nous aujourd’hui difficilement concevable. Un des charmes trouvés cachés dans le mur d’une église à Merseburg, en Allemagne , évoque cette magie :
Autrefois, les Dises étaient assises ici et là.
Quelques unes ont attaché des liens (à l’ennemi)
Quelques unes ont arrêté l’armée, (de l’ennemi)
Quelques unes ont défait les liens :
Sautez les chaînes, échappez à l’ennemi !
JEAN COSTELLE

FEHU, la première des runes sous la forme de la constellation des Pléiades


La source d'Uruz proche du Void d'Escles (Vosges)


