PREPARER UNE QUETE DE VISION
Pourquoi ce renouveau des Quêtes de Vision ? Ce rituel initiatique, au sens où une initiation ouvre ou réouvre un chemin, apparaît de plus en plus nécessaire pour beaucoup.
De tous temps, les retraites dans les déserts, dans des grottes ou toutes sortes d’endroits « sauvages », ont fait partie des expériences fondatrices pour divers courants mystiques ou pour les yogis. La pratique des Quêtes de Vision utilisée par les amérindiens ou pour les chamanes d’autres cultures souhaitant renouveler leur pacte avec la vie a un but différent. Quatre textes présentés dans les courriers à venir permettront de découvrir leur utilité. Et pour ceux qui ont connu celles que j’ai organisé ces deux dernières années, ou en ont expérimenté avec d’autres, d’en renforcer les bienfaits en se retournant vers cette expérience refondatrice.
Le premier de ces textes a été écrit par T.Todorov (« La conquête de l’Amérique », coll. Points ; éd.Seuil). Cet auteur a offert un des livres les plus admirables à propos de cet événement dont on ne finit jamais de découvrir la fécondité historique. Le miroir que se tendent réciproquement Mexicains et Espagnols est un des plus éclairants pour comprendre heurs et malheurs d’hier, d’aujourd’hui et d’après-demain pour les peuples des deux côtés de l’Atlantique. Et d’y découvrir comment utiliser et recréer, au jour le jour, ça et là, les enseignements que l’on trouve en s’y contemplant.
Dans le chapitre consacré à la façon dont l’Empereur Moctezuma avait réagi au contact des Espagnols et interprété leur venue, sont présentes ces quelques lignes en conclusion de la remarquable analyse psychologique des positions des uns et des autres.
« Les Espagnols gagnent la guerre. Ils sont incontestablement supérieurs aux Indiens dans la communication interhumaine. Mais leur victoire est problématique, car il n’y a pas une seule forme de communication, une seule forme de communication, une seule dimension de l’activité symbolique... l’homme a tout autant besoin de communiquer avec le monde qu’avec les hommes. La rencontre de Moctezuma avec Cortés, des indiens avec les Espagnols, est d’abord une rencontre humaine ; et il n’y a pas à s’étonner que les spécialistes de la communication humaine l’emportent. Mais cette victoire, dont nous sommes tous issus, Européens comme Américains, porte en même temps un grave coup à notre capacité à nous sentir en harmonie avec le monde : elle a comme effet de refouler profondément la communication de l’homme avec le monde, de produire l’illusion que toute communication est interhumaine ; le silence des dieux pèse sur le camp des Européens autant que sur celui des Indiens. En gagnant d’un côté, l’Européen perdait de l’autre ; en s’imposant sur toute la terre par ce qui était sa supériorité, il écrasait en lui-même sa capacité d’intégration au monde. »
Depuis plus de trente ans, mon activité de thérapeute m’a permis de confirmer combien cette ultime observation est juste. La compétence acquise par les Européens en matière de manipulation d’autrui grâce à leur connaissance des artifices de langage leur coûte cher. Certes, cela permettait à Cortés de signer des traités de paix avec des Indiens et dans l’heure qui suivait de lancer ses troupes pour massacrer les signataires Indiens à qui culturellement le mensonge était interdit. Mais cette absence de construction des liens conscients entre l’humain et le monde de la nature et celui des dieux et des éléments subtils des mondes animaux, végétaux et minéraux déséquilibre la vie humaine, l’appauvrit et rend les humains inconséquents vis-à-vis de la Terre-Mère.
Passer son temps à interpréter les faits et gestes d’autrui au lieu de se rééquilibrer en se reliant au Monde créé engendre une souffrance psychique permanente, ce dont le travail de thérapie témoigne au jour le jour jusqu’à ce que le rééquilibrage ait lieu.
L’observation des changements à long terme dans la vie de ceux qui se sont donnés l’occasion de participer aux Quêtes de Vision rejoint l’observation de T.Todorov. Cette blessure due aux conséquences des moyens employés pour la Conquête peut se résorber, et cette pratique permettre de relancer le dialogue des humains avec l’univers et pas seulement avec leur miroir ou leur histoire familiale.
JEAN-GABRIEL FOUCAUDDe tous temps, les retraites dans les déserts, dans des grottes ou toutes sortes d’endroits « sauvages », ont fait partie des expériences fondatrices pour divers courants mystiques ou pour les yogis. La pratique des Quêtes de Vision utilisée par les amérindiens ou pour les chamanes d’autres cultures souhaitant renouveler leur pacte avec la vie a un but différent. Quatre textes présentés dans les courriers à venir permettront de découvrir leur utilité. Et pour ceux qui ont connu celles que j’ai organisé ces deux dernières années, ou en ont expérimenté avec d’autres, d’en renforcer les bienfaits en se retournant vers cette expérience refondatrice.
Le premier de ces textes a été écrit par T.Todorov (« La conquête de l’Amérique », coll. Points ; éd.Seuil). Cet auteur a offert un des livres les plus admirables à propos de cet événement dont on ne finit jamais de découvrir la fécondité historique. Le miroir que se tendent réciproquement Mexicains et Espagnols est un des plus éclairants pour comprendre heurs et malheurs d’hier, d’aujourd’hui et d’après-demain pour les peuples des deux côtés de l’Atlantique. Et d’y découvrir comment utiliser et recréer, au jour le jour, ça et là, les enseignements que l’on trouve en s’y contemplant.
Dans le chapitre consacré à la façon dont l’Empereur Moctezuma avait réagi au contact des Espagnols et interprété leur venue, sont présentes ces quelques lignes en conclusion de la remarquable analyse psychologique des positions des uns et des autres.
« Les Espagnols gagnent la guerre. Ils sont incontestablement supérieurs aux Indiens dans la communication interhumaine. Mais leur victoire est problématique, car il n’y a pas une seule forme de communication, une seule forme de communication, une seule dimension de l’activité symbolique... l’homme a tout autant besoin de communiquer avec le monde qu’avec les hommes. La rencontre de Moctezuma avec Cortés, des indiens avec les Espagnols, est d’abord une rencontre humaine ; et il n’y a pas à s’étonner que les spécialistes de la communication humaine l’emportent. Mais cette victoire, dont nous sommes tous issus, Européens comme Américains, porte en même temps un grave coup à notre capacité à nous sentir en harmonie avec le monde : elle a comme effet de refouler profondément la communication de l’homme avec le monde, de produire l’illusion que toute communication est interhumaine ; le silence des dieux pèse sur le camp des Européens autant que sur celui des Indiens. En gagnant d’un côté, l’Européen perdait de l’autre ; en s’imposant sur toute la terre par ce qui était sa supériorité, il écrasait en lui-même sa capacité d’intégration au monde. »
Depuis plus de trente ans, mon activité de thérapeute m’a permis de confirmer combien cette ultime observation est juste. La compétence acquise par les Européens en matière de manipulation d’autrui grâce à leur connaissance des artifices de langage leur coûte cher. Certes, cela permettait à Cortés de signer des traités de paix avec des Indiens et dans l’heure qui suivait de lancer ses troupes pour massacrer les signataires Indiens à qui culturellement le mensonge était interdit. Mais cette absence de construction des liens conscients entre l’humain et le monde de la nature et celui des dieux et des éléments subtils des mondes animaux, végétaux et minéraux déséquilibre la vie humaine, l’appauvrit et rend les humains inconséquents vis-à-vis de la Terre-Mère.
Passer son temps à interpréter les faits et gestes d’autrui au lieu de se rééquilibrer en se reliant au Monde créé engendre une souffrance psychique permanente, ce dont le travail de thérapie témoigne au jour le jour jusqu’à ce que le rééquilibrage ait lieu.
L’observation des changements à long terme dans la vie de ceux qui se sont donnés l’occasion de participer aux Quêtes de Vision rejoint l’observation de T.Todorov. Cette blessure due aux conséquences des moyens employés pour la Conquête peut se résorber, et cette pratique permettre de relancer le dialogue des humains avec l’univers et pas seulement avec leur miroir ou leur histoire familiale.
LE PAN DÛ ET LE CORPS BEAU
Ceci est le "conte rendu" d'une quête de vision qui eut lieu en juillet 2006 dans les Corbières.


