aux sources des chamanismes




Cette rubrique traitera des liens indissociables entre les mots, le sens, les mythes et la santé.


Le corps est un système de compréhension du travail de conscience que nous avons à parcourir tout au long de notre vie, pour accomplir notre plan d'incarnation. Notre état "d'inconscience natif " parcouru spontanément en descente de la tête aux pieds, doit être parcouru consciemment dans l'autre sens. Le plus extraordinaire est de voir à quel point le langage est lié à la chair par la façon dont ont été nommés les os, les muscles, les organes etc., au fils des siècles. Chaque partie du corps, de par son étymologie et sa fonction, renvoie à un mythe qui, du coup, prend un tout autre sens et devient très vivant et proche.


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LE MONDE DE L'AME OU MONDE INTERMEDIAIRE



Le monde de l’âme est métaphoriquement représenté comme le lieu des affrontements entre la nuit et le jour au sein de notre monde intérieur, un lieu peuplé d’animaux et de génies, un lieu de turbulences comme l’atmosphère, où se forment le vent et les nuages, aux formes changeantes, parfois porteurs de foudre et de tonnerre. Cette analogie avec l’atmosphère fait que l’expression "monde intermédiaire" est souvent employée par les auteurs ésotéristes.

Pour le monde gréco-romain de l’antiquité, l’âme était composée de trois parties : le "noos", l’activité purement conceptuelle, le "tümos", l’activité émotionelle, et "l’épitunia", l’activité corporelle. C’est le tümos, la partie moyenne de l’âme, lieu de "l’imagination créatrice" qui est ainsi nommée parce qu’elle informe le regard que chacun porte sur le monde, autant pour se transformer soi-même que pour le transformer. C’est aussi le lieu des déterminations, tant ce qui nous détermine, que ce que nous sommes déterminés à faire de notre vie. Cette vision de l’âme est infiniment plus riche et commode que celle qui prévaut aujourd’hui.

Le monde intermédiaire est donc le domaine où s’exerce le Logos, "qui est la lumière que reçoit tout homme en venant dans ce monde", évoqué dans le prologue de l’évangile de Jean. Les traductions des évangiles, pour la plupart, nous livrent la phrase : "Au commencement était le Verbe". Mais le texte latin énonce, "In Principio erat Verbum" : c’est à dire "Dans le Principe était le Verbe". Nous observons que l’expression "Au commencement" a remplacé "Dans le Principe". Nous savons aussi que le texte original fut rédigé en grec et que le terme logos se situait en lieu et place du mot verbe.


Cela nous donne donc la phrase : "Dans le Principe était le Logos" ; ce qui finalement n’a rien à voir avec le sens officiel.

Le mot "Logos" rappelle le terme "loge" utilisé pour décrire le rituel central du chamanisme ; c’est la loge de sudation ou étuve sacrée. La loge est à la fois un lieu où l’âme s’exprime et se transforme. Ce rituel agit à la fois sur les trois parties de l’âme au sens antique du mot, sur le monde intermédiaire, représenté par l’espace et le temps sacré délimité par le rituel de l’étuve sacrée.



Le principe


Nous devrions le concept de Principe à Aristote. Antérieurement, le terme employé pour désigner le 1er élément fondateur était archè, mot qui signifie la "souche", le "fondement", "l’origine commune" ou dans un sens dérivé, le "commencement" . Selon les philosophes présocratiques , l’archè pouvait être l’un des 4 éléments : eau, air, terre, feu .

Aristote fait de Dieu le principe premier, cause efficiente et finale du monde, moteur non mû, pensée suprême ; il deviendra Le Principe pour les générations à venir.

Employer la formulation "Au commencement" revient donc à l’idée d’archè, et celle-ci ne pouvait être traduite par "in principio" en latin.



Le logos


Brice Parain, dans son ouvrage Essai sur le Logos platonicien, évoque Aétius qui rapporte que, selon Héraclite, "l’essence du destin est le logos qui circule à travers l’essence du tout".

Et un autre auteur : "Le Logos, c’est à la fois la pensée divine qui circule éternellement dans la nature, et les fondements des motivations humaines, en tant qu’elles participent à ce courant unique et éternel..."

Marcel Conche, auteur d’un ouvrage sur Héraclite, propose la définition suivante : "Le logos serait la raison réelle, indépendamment de l’homme, immanente à toutes choses, les gouvernant, les unifiant : ce serait la raison cosmique. Mais comment dire, en ce cas que l’on écoute le Logos ? »

"Le Logos est le discours et c’est le discours d’Héraclite. Mais l’écouter comme Logos signifie ne pas l’écouter comme venant simplement d’Héraclite; l’écoute de ce discours suppose que l’on fasse abstraction des deux pôles de la subjectivité : la sienne et celle d’Héraclite. Pour l’écouter comme Logos, il faut avoir libéré le Logos en soi comme faculté d’écoute."

"Que dit le Logos ? - Que tout est un".

Selon le même auteur, "le discours vrai, le Logos ne fait pas partie du tout : il est hors du tout justement pour pouvoir dire, dévoiler le tout".


Selon d’autres auteurs, "Le discours dit la loi et les lois universelles selon lesquelles ont lieu tous les événements", "Le Logos est la loi du devenir".

Platon considérait que le Logos était Dieu même, source des Idées.



La vie


Nous en arrivons maintenant à cette phrase un peu mystérieuse "Et la vie était la lumière des hommes".


Tout d’abord, une distinction visant à clarifier le propos. Dans l’Ancien testament, lorsqu’il est question de vie longue et de robuste vieillesse, celle-ci réfère surtout à un aspect matériel qui s’accompagne d’abondance de biens et de postérité pléthorique.

A l’opposé de cela, lorsque nous lisons dans évangile de Jean, XIV, 6 : "Je suis le chemin, la Vérité et la Vie", celui-ci entend par vie, la vie éternelle, but d’une existence tournée vers le divin, entendu comme extérieur au monde.


Cela étant dit, se pose une première question :


En quoi la vie peut-elle être la lumière des hommes, le mot "lumière" revêtant le sens d’intermédiaire entre Dieu et le monde et ayant présidé à la création dans la Genèse biblique ? Cette vie diaphane et idéelle est une formalisation du surmoi. C’est donc plutôt en réalité thanatos, le principe de mort opposé à Eros selon la formalisation du docteur Freud, qui est mobilisé dans une telle attitude.

Pour ce qui nous concerne, la vie dont il est question est cette vie, ici et maintenant, elle est ouverture à la lumière de ce monde-ci, ce qui en soi ne présente pas de différence avec le sens de connaissance ou sagesse, acquise progressivement par l’homme, posée face à la nature, au cosmos naturel, tout au long de la durée comprise entre sa naissance et sa mort.

La nature étant entendue comme divine, contempler la nature revient à contempler une émanation divine, une hiérophanie. La durée pendant laquelle l’homme pourra se livrer à cette méditation correspond au temps de son existence, c’est à dire à sa vie.

Appréhender le divin à travers le cosmos naturel est une continuelle co- naissance et donc mène à la lumière.

                                                                            JEAN COSTELLE





QUAND LE MONDE DES INUITS EST ENTRE CHEZ MOI


Une amie était allée au Canada où elle avait visité une remarquable exposition sur l'art Inuit. Me sachant intéressée par tout ce qui touche aux sociétés traditionnelles, elle me rapporte une affiche représentant une juxtaposition de photos des " Mystérieux Messagers de l'Arctique ". Ce sont des superpositions de grosses pierres appelées Inuksuit qui signifie "agir en tant qu’humain", extension du mot "Inuk" qui signifie être humain. Ces Inuksuit (singulier : Inuksuk ) sont parmi les plus importants objets créés par les Inuits, premiers habitants de l'Alaska, de l'Arctique Canadien et du Groenland. Parmi leurs nombreuses fonctions pratiques (puisque le monde métaphysique ou spirituel n'est contacté que pour des raisons pratiques), elles servaient de guide d'orientation à la chasse et à la navigation (comme nos kerns en montagne), de points de repères, d'indicateurs et de centres de messagerie.


Ils construisaient aussi des formes avec des pierres appelées Inunnguaq, ce qui signifie" ressemblant à l'humain". Outre leurs fonctions terrestres, ces constructions, plus ou moins en forme d'arches ou de portes, symbolisaient souvent le seuil du passage spirituel des "Inummariit",Inuits qui savaient survivre sur la Terre conformément à leurs traditions.

Le besoin des "Inummariit" de créer des "Inuksuit" était si fort qu'on ne les retrouve pas uniquement dans le paysage terrestre, mais aussi dans les contes, les chansons de voyage transmises de génération en génération pour aider les voyageurs à se rappeler d'une série de directives lors de longs déplacements.


Qu' ils représentent leur créateur, qu'ils aient agi en son nom ou qu'ils soient objets de vénération, les Inuksuit ont constitué des aides et des messages faisant partie intégrante du langage des chasseurs, et sont une signature indélébile dans le paysage de l'Arctique. J'installe donc cette affiche très émouvante au mur de ma pièce à vivre, et petit à petit au fil des jours, je me sens de plus en plus "vidée", sans raison objective. Je fais venir un géobiologue de mes amis qui rééquilibre la pièce en fonction des réseau Hartmann etc…, et d'une "entitée" qui était restée installée chez moi. Ce travail a permis une certaine régularisation de mon sommeil, mais je me sentais toujours aussi "vidée".


Nous avons cherché avec Jean-Gabriel Foucaud à l'aide des tarots quelle pouvait en être la raison, personnelle ou extérieure. Il s'avérait que cette affiche agissait comme une énorme entrée vers le monde des morts et aspirait mon énergie… J'ai donc retiré l'affiche, surprise qu'une photo puisse avoir un tel impact! L'épuisement m'a rapidement quittée…


Et c'est seulement en écrivant ce texte que j'imagine pouvoir l'utiliser lors d'un rituel pour aller chercher de l'information auprès de ces Vieux Sages Inuits, pour la préservation de la Terre par exemple.



Pour toute autre information :


  • Tukilik Foundation
  • The Silent Messengers de Norman Hallendy


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Qu'est-ce que la vision créatrice telle que je l'entends ?


La vision créatrice est une technique qui utilise notre faculté innée de créer des images mentales en faisant le lien entre la vie physiologique et la vie psychique (l’inconscient dynamique) de façon à mettre la puissance de nos désirs et de nos rêves au service de notre existence quotidienne : la vie émotionnelle n'est pas forcément morne et vide... Lorsque nous nous posons une question et que nous utilisons cette technique pour y répondre, des images émergent du plus profond de nous et nous livrent en une synthèse éblouissante ce que nous avons à faire pour modifier la situation.


En ces moments de grâce, nous avons laissé se combiner en nous un savoir venant de nos cellules, de nos émotions, de nos perceptions des autres ou de données plus universelles. Et c'est un grand plaisir que d'éprouver parfois des fou-rires, des étonnements éberlués devant ces images à l’humour tendre, mais parfois corrosif, et qui, en plus, nous donnent l'occasion de faire preuve d'une inventivité dont nous avions oublié l'existence depuis le jardin d'enfant.


Pratiquement, la séance de visualisation se fait en position assise relaxée, sans préparation particulière si ce n'est quelques exercices visuels et une présentation de données scientifiques sur les plans psychologiques, culturels et physiologiques si nécessaire, afin de nourrir les besoins de notre intelligence logique. Puis vient le temps de la visualisation elle-même, toujours autour d'une question précise pour pouvoir décrypter (comme une image de rêve) l'image ou la succession d'images qui émergent. Les données de l'expérience sont ensuite transformées pour être utilisées dans la réalité.


                                                                    GHISLAINE DE LAAGE