Le temps Roseau : 18 février au 17 mars
Le Roseau, dans le calendrier des saisons, représente le printemps du printemps, c'est à dire l'est de cette saison.
Le Roseau est l'émergence de l'émergence, une forme d'attente inhérente aux premiers temps (printemps = premier temps)
Le Roseau est cette force qui, tout à coup, nous tempère et nous calme et permet de reprendre notre souffle. Accueillons-le avec respect. Après l'éclosion vigoureuse ( « je sens que je dois changer, y aller, faire, me lancer, etc.) du « temps » Crocodile, ce temps de repos, d’incubation, est bénéfique.
Savoir ce qu’est attendre : Dans la reproduction graphique de son symbole (cf :le tarot aztèque), on voit un cylindre creux, droit sur ses racines, où chaque élément s'emboîte dans l'autre. Tel un arbre solitaire sur une colline, il se tient là, vertical, pour pousser à clarifier notre vision.
Sa forme creuse nous pousse à découvrir et rendre possible des communications à distance dans le temps ou l'espace.
Carte appartenant au monde de l'est, le Roseau est dans le long terme, l'avenir. Pour fleurir, les projets doivent rester à l'abri, seulement dans l'esprit, pendant un temps encore.
Il ne s'agit pas d'agir...... le Roseau ne nous dit pas d'avancer. Il nous conseille de nous mettre dans une attitude d'attente. « attendre, c'est ne pas avancer » (voir à ce sujet le remarquable livre de Pierre Faure « le Yi Jing par lui même » qui étudie chaque hexagramme dans une perspective purement énergétique).
Le Roseau a une double polarité : clarté/confusion et qualité/négation. En effet, n'est-il pas les pieds dans l'eau, dans la vase, alors que la tête est au vent vers le ciel? Le Yi Jing dit de lui qu'il est brigand au pied et qualité en haut.
Distinctions à l’œuvre : Entre enlisement et évasion, le Roseau bouge peu, oscille au moindre souffle mais résiste. Impossible d'être impatient, car il nous parle de distinction, d'élégance, de belles choses, de perception de l'intellect, de mental affûté. Mettons un peu de distance et de discernement dans notre vie. L'esprit pur du Roseau conduit à développer les activités de l'esprit. Avec lui peut venir « l'euréka » des formules et pourquoi pas la solution tant cherchée!
Il porte avec lui une notion du double : tout semble vouloir aller par deux ! Les sentiments affleurent, on se met à espérer l'âme-sœur, mais les choses n'avancent pas aussi vite qu'on le voudrait, et tout à coup on ne sait plus si on est dans la vase (au pied) ou dans le ciel (la tête).
Un remède : résister alors à cette impatience souvent transformée en angoisse. Se souvenir que la période Roseau permet d'étager dans le temps ses projets, de se mettre dans une verticalité qui verra le jour pendant ce temps printanier.
Prudences : se servir de la noblesse du Roseau qui apparaît prestigieux, connecté au monde de la lumière, de la tradition et du savoir (Quetzalcoatl, dieu de la culture du Mexique antique n'est-il pas né un jour 1 Roseau?)
Avec lui, on se sent pris de l’envie d'écrire, de tracer des lignes, de créer en faisant marcher sa tête ce qui soulage après la brutalité du Crocodile. Avec le Roseau, on se calme.
Se mettre comme lui dans la position verticale, bien ancrée. Elle prédispose à la concentration et à l'élévation de l'esprit.
Se rappeler que le creux du Roseau peut aussi devenir un « vide de cœur », que les joncs qui plient au premier souffle de vent traduisent un manque de personnalité, et que le vent est capricieux et changeant.....( le printemps étant la saison du foie, donc du vent, ce dernier se déplaçant de façon erratique dans le corps et l'esprit, est bien difficile à maîtriser!)
Le Roseau, avec ses pieds dans l'eau, nous ramène aux reins et à la peur. Il est important de ne pas se laisser emporter par l'angoisse de l'attente. Le Roseau apprend à attendre sans s’en rendre malade.
On ne peut pas faire ce que l'on veut. Venant d'être soumis à l'éclosion du printemps, on découvre comment le vivre et on va chercher à voir aboutir ses projets. C'est le moment de l’année où l’on se doit de faire preuve de la plus grande discrimination, et où l’on recherche pour le mieux ( ou pour le pire…) l'âme-sœur. On est ouvert à autrui à condition qu'il ne nous embarrasse pas, surtout pas ( !!!!). Le roseau est creux, il respire librement, croit t’il.
Rester dans la distinction, ne pas être impatient, garder sa concentration et percevoir sur plusieurs niveaux. Si la tristesse est parfois présente, se rappeler que le Roseau nous met en contact avec la beauté des choses.
Le temps « Serpent » (8 au 25 mars).
Dans le calendrier des saisons, le Lézard est la force automnale au cœur de l’été : sa partie ouest. Il se déploie du 6 au 23 juin, avant le solstice. Lézard est un des 8 symboles liés aux moments forts de l'année : les 4 entrées des saisons (1er février, 1er mai,1er août et 1er novembre et les 4 apogées, 2 équinoxes et 2 solstices .
Il est donc présent pendant le solstice d'été qui voient ciel et terre les plus compressés. C'est un moment de sollicitation sociale maximale, durant lequel les humains « manquent » le plus d'espace dans leurs pensées, leurs vies affectives, leurs maisons.
Il est une force de vie qui pousse, et oblige, à tout regarder d'un œil nouveau pour ne pas étouffer.
Cette qualité automnale permet de bien vivre quand elle vient en été une période riche à l’excés en contacts de toutes sortes. Elle entraîne à partager et à se projeter dans l'avenir (voir la réalité au-delà de l'instant immédiat), également à trier et ne pas s'encombrer de ce qui alourdit. Le dialogue est difficile : ciel et terre ne s'unissent plus de manière féconde(en qualité automnale, la fertilité de la terre est moindre).
Pour éviter d’avoir une conscience pesante et sentir les relations humaines comme dévorantes, se mettre à l'écoute de ses sensations internes.
A regarder le Lézard du tarot aztèque, on voit que sa posture au ras du sol lui fait prendre contact avec la terre par tous ses sens. Il se plaque au sol pour survivre au feu (c'est l'animal enseignant l’art de vivre au solstice d'été). Quand il apparaît, toutes sortes de désirs s'expriment avec force. Pour faire face à ce déséquilibre nous devons être dans une exigence de discipline qui nous soit propre. On est aplati, les morceaux peinent à tenir ensemble, signe qu'il est temps de défaire une forme ayant permis de vivre lors de l'époque précédente.
Le contraste entre le symbole vertical du roseau et horizontal du lézard permet de percevoir les tensions et contradictions que nous aurons à vivre.
Pour se reconstruire, le Lézard invite à repasser par les données anciennes pour se transformer : élargir le temps quand se restreint l'espace.
L'enseignement va venir par les sens. Sa rapidité nous informe, le déclic sera bref. Il ne faudra pas le rater : toujours une extrême discipline nécessaire !
Il enseigne par le geste comment prendre des décisions rapides sans utiliser la logique : en activant sa capacité à dédoubler sa conscience pour voir surgir des idées lumineuses. Car le Lézard est cette étincelle, cette lumière inattendue provoquée par la célérité de son mouvement. Pas toujours tendre, il peut aussi surprendre par ses volte-faces.
S'identifier au Lézard pendant cette treizaine pour bien la vivre, c'est développer deux niveaux de conscience : immobilité observatrice et rapidité de décision. En effet, animal à sang froid, il garde la tête froide (vert de la partie haute du corps). Mais son corps divisé en deux parties bien distinctes (arrière rouge) est prêt à détaller à la moindre menace : il observe et part d'une traite. Sans prévenir par la réflexion consciente, uniquement par les sens.
Jonglant entre deux mondes, il est incapable de synthèse par nature. Comment faire quand règne le temps « roseau » puis le temps « serpent », l’un poussant vers les distinctions fines quand l’autre tire vers les synthèses ?
On comprend alors qu'on risquera d’être dans l'excès et toujours à côté. Figure de lumière avertissante, l'exigence de discipline qu'il nous demande est la meilleure condition pour garder son cap.
La double conscience du Lézard et la double polarité du Roseau mettent la puce à l'oreille. Se rappeler que le Roseau est dans l 'élégance et le calme, c'est à ce moment là que les projets s'étagent. Encore une fois, résister à toute forme d'impatience et d'angoisse, allier la stature du Roseau, tout en verticalité, et l'observance du Lézard.
Si le feu monte trop fort, actionner en soi le maximum de Yin par des techniques de relaxation. Savoir que le Lézard ne s'encombre pas de choses fixes. Sans émotion, il jette tout ce qui alourdit.
Voyons-le évoluer : quand il a pris une décision, rien ne peut le faire dévier de sa route. Mieux vaut donc éviter toute impulsivité pendant cette période, car il serait facile de partir dans des délires et se retrouver écrasé au sol.
Il peut toutefois nous aider à prendre rapidement nos décisions. Comment ? En apportant feu et lumière à cette treizaine, le Lézard nous conseille d'apprendre l'énergie contraire pour survivre, et se plonger dans l'obscurité une fraction de seconde pour voir l'invisible. Quand on perd cette double vue, le danger guette.
Se servir du Roseau pour se mettre en état de rêverie en se coulant dans sa tige creuse. S'aider du Lézard pour avoir des informations d'une grande clarté (par le corps énergétique, les infos viennent de très loin, de la nuit , quand on entre dans une sorte de rêve éveillé). Les données se réunissent alors en passant par les différents sens.
Vient la sensation que l'on ne peut pas se servir de la logique puis tout à coup une idée lumineuse surgit. (il est fortement déconseillé de se servir de la logique avec le Lézard au risque de se carboniser la tête !)
La treizaine Singe du 15 au 27 février 2010
Un enseignant de la ruse : Le Singe, centre de l'automne (7 au 24 septembre) dans le calendrier aztèque des saisons, est un des symboles décrivant le monde de l'ouest, donc de l’automne. Il enseigne la façon de vivre avec son monde émotionnel quand il est troublé par son incertitude.
Il apporte, dans ce début de printemps, une couleur automnale. Enseignant pour notre corps émotionnel, quand il est là, il avertit que l’on est beaucoup plus poreux à son entourage que notre conscience se plaît à le reconnaître. Le Singe arrive dans un monde qu'il ne connaît pas encore. Il va s'y mouvoir avec ruse.
« Bidouille et bricole » : le Singe ne s'attache à rien. Il trouve un jour quelque chose et le lendemain autre chose...., difficile avec lui de planifier ! Il est toujours à couvert, ne se fait pas voir, mais IL VOIT. Avec facilité il passe d'un monde à l'autre, prend les choses avec gaîté et détachement. Avec lui et pour lui, on a souvent affaire à un jeu, à une image. Avec humour, plaisanteries, habileté, il peut trouver les solutions dans le jeu du miroir.
Avec le Singe, on apprend à faire face en riant, se moquer de soi et ruser pour ne pas attiser les conflits. Pourquoi ne pas utiliser les danses et les transes pendant cette treizaine?
Se perdre ? Sa dynamique automnale traduit le risque de s’enfermer entre « soi et soi » et y apporte le remède : on peut s'en sortir seulement par la rigolade, grâce au côté « coyote » et au double visage du Singe.
Attention à ne pas se laisser emporter dans la contemplation ….A trop se plonger dans un miroir, on finit par s'y perdre !!!! Et le Singe aime tellement son double !
Il porte un masque et apprend à faire des grimaces, ce qui lui permet de se débrouiller dans la vie.
Il apporte de la fantaisie dans la treizaine Roseau. Mais attention, ceci n'est qu'une façade qui lui permet de traverser les mondes. Derrière une apparente douceur, il y a un du guerrier qui combat le feu des enfers par la ruse.
Il va bousculer le Roseau et tenter de le faire plier. Toutes les ruses seront bonnes pour atteindre l'axe du Roseau. A chaque instant, il nous déstabilisera par ses ruses, ses pirouettes, ses facéties.
Gare aux feux : il sait aussi aller au delà des apparences, son double visage lui permet de traverser les enfers et maîtriser le feu. Il connaît les différentes directions et a conscience d'appartenir à plusieurs univers en même temps. Allié à la culture du Roseau, il est capable de maintenir la lumière et le feu développant alors ardeur et combativité.
L'ivresse de la nature, au moment du printemps, s'embrase avec celle du Singe. Seule la noblesse du Roseau peut tempérer et accompagner cet épanouissement.
L'est du printemps est le moment phare de la saison (il est l'est de l'est ), alors ne pas se raconter de balivernes, ne pas se laisser happer par de fausses impressions, car le feu sous-jacent ne demande qu'à circuler. Tout est prêt pour l'éclosion. Le Roseau nous donne un appui et une forme, il étage les différents moments à venir avec distinction. Laissons le Singe aborder cette treizaine avec le sourire mais gardons la maîtrise et l'axe du Roseau.