La vision représente 80% de l'activité cérébrale; elle sollicite une quinzaine d'aires dans chaque hémisphère. Par ailleurs, on peut concidérer qu'il existe un continuum entre la vision ordinaire, la mémoire, la visualisation, les rêves, les hallucinations, les visions des visionnaires, des chamanes, des mystiques ou de tout un chacun acceptant de capter d'autres types de perceptions. Tous ces niveaux de vision font partie du fonctionnement normal de l'individu car nous avons tous été des fœtus et des nourrissons plongés dans la grande soupe cosmique!…Puis nous avons dû oublier ce savoir gigantesque pour accepter l'incarnation. Nous avons donc tous ces aptitudes, plus ou moins exploitées ou enfouies, selon l'histoire de chacun. Les chamanes koguis de Colombie sont entrainés à conserver et cultiver les capacités de vision foetale perdues par tous les humains au bout de quelques semaines...
Qu'est-ce que la vision créatrice?
C'est une technique qui utilise notre faculté innée de créer des images mentales en faisant le lien entre la vie physiologique et la vie psychique (l'inconscient dynamique ) de façon à mettre la puissance de nos désirs et de nos rêves au service de notre existence quotidienne : la vie émotionnelle n'est pas forcément morne et vide….
Lorsque nous nous posons une question et que nous utilisons cette technique pour y répondre, des images émergent du plus profond de nous et nous livrent en une synthèse éblouissante ce que nous avons à faire pour modifier la situation.
En ces moments de grâce, nous avons laissé se combiner en nous un savoir venant de nos cellules, de nos émotions, de nos perceptions des autres ou de données plus universelles. Et c'est un grand plaisir que d'éprouver parfois des fou-rires, des étonnements éberlués devant ces images à l'humour tendre, mais parfois corrosif, et qui, en plus, nous donnent l'occasion de faire preuve d'une inventivité dont nous avions oublié l'existence depuis le jardin d'enfant.
Pratiquement, la séance de visualisation se fait en position assise relaxée, sans préparation particulière si ce n'est quelques exercices visuels et une présentation de données scientifiques sur les plans psychologiques, culturels et physiologiques si nécessaire, afin de nourrir les besoins de notre intelligence logique. Puis vient le temps de la visualisation elle-même, toujours autour d'une question précise pour pouvoir décripter (comme une image de rêve ) l'image ou la succession d'images qui émergent. Les données de l'expérience sont ensuite transformées pour être utilisées dans la réalité.
Pour faire cette expérience refondatrice,
prendre R.V avec Ghislaine de Laage: 01 53 75 25 02
________________________
IL N’Y A PAS DE PENSEE SANS TERRITOIRE.
Cette pensée du peuple Kogui de Colombie, cachés dans la Sierra Névada où ils ont survécu aprés l’arrivée des Espagnols, et dont ils sont sortis pour nous alerter quant à l’état du monde, m’a paru pouvoir illustrer mon propos au fil de ces articles.
Le territoire dont il s'agit va paraître minuscule, c'est notre système visuel ; mais en fait, il est immense, car nous nous promenons avec toutes les images que nous avons engrammées depuis notre naissance, auxquelles s’ajoutent celles que notre imagination va construire. En effet, le monde ne prééxiste pas dans notre tête : à la naissance, le bébé n’a aucune image visuelle du monde extérieur ; son appareil visuel est en parfait état de marche, mais aucune liaison n’est établie entre l’interne et l’externe. C’est seulement lorsque la lumière va frapper au fond de l'œil, la partie la plus riche en cellules visuelles que les yeux vont pouvoir se maintenir droits, et à partir de cette position, le « voir » commencera à s’élaborer .
Notre corps va donc être le territoire dans lequel va s’opérer une intégration de l’externe dans toutes ses composantes :
- Celles liées à la structure même de nos yeux : de leur position frontale sur le crâne, à leur projection à la surface du cerveau, etc…
- Celles liées au désir de bouger de l'enfant, avec l’organisation posturale à ses différents stades d'évolution dont la succession est absolument nécessaire : de la position allongée sur le dos ou sur le ventre, l’enfant passe à la reptation, puis à quatre pattes , puis accroupi d’où il va tenter de se mettre debout et se déplacer, avec toutes les variations possibles dans sa recherche d'équilibre. Les yeux vont avoir à intégrer la hauteur et la vitesse des déplacements avec toute l’organisation musculaire que ces différentes postures impliquent.
- Celles liées à la perception : la façon très archaïque de percevoir le monde comme une vibration d'abord qui s'organise en sensation; puis les sensations se lient aux émotions dans la relation à l’autre. Cet ensemble devient expression, puis parole ; c’est là que se fait une certaine partition entre la perception et sa verbalisation, car le centre du langage n’est que dans l’hémisphère gauche, pour la grande majorité des gens.
- Celles liées à la façon dont le monde nous est parlé, donc toutes les composantes familiales, sociales, historiques et transgénérationnelles. Le monde tel que nous le voyons est celui que nous avons besoin de voir pour survivre avec les spécificités de notre espèce. Les mondes de la grenouille ou de l’aigle sont radicalement différents : ils n’en sont pas moins complets ou moins vrais que le nôtre ; ils correspondent parfaitement à leur essence même, et leur permet d’évoluer et de se reproduire en toute cohérence.
Le monde est donc fait de multiples territoires qui se croisent, se juxtaposent, se superposent partiellement, mais en aucun cas ne peuvent être identiques, ou confondus…même au sein d’une même espèce. L’externe n’est pas séparable de l’interne (ou inversement) puisqu'il s'agit d'un travail de construction entre les deux. Il ne peut donc pas y avoir « d’objectivité » comme aurait voulu nous le laisser croire la pensée occidentale à la suite du Siècle des Lumières….Cela nous a permis seulement une grande désinvolture par rapport à l’immense complexité du monde.
Les Koguis viennent nous rappeler que tous ces territoires sont interconnectés inextricablement, et que c'est la perte de conscience de cela tant pour soi que pour les autres, qui risque de faire courir le monde à sa perte. Pour préserver cette conscience, ils font un travail sur la vision, l’ouverture du regard, les capacités perceptives et même visionnaires du nourrisson. Les humains naissant les yeux ouverts, contrairement aux animaux, les Koguis gardent les nourrissons dans des grottes après l’accouchement, pour que s’équilibrent les différents sens en train de s’ouvrir aux sollicitations externes, et pour ne pas surinvestir la vision, en particulier la vision centrale, lorsque le bébé est exposé a une lumière trop vive. La vision nocturne (périphérique) se développe alors et les perceptions globalisantes du fœtus se maintiennent, ce qui permet de préserver la capacité à percevoir les liens entre toute chose. Les bébés ne sont sortis qu’à la lumière de la lune, puis petit à petit à la lumière du jour. Les Koguis s’appuient sur cet apprentissage sensoriel pour construire socialement l'équilibre de leur peuple, de leur Terre, de la cohérence de leur pensée.
Ghislaine de Laage